Des explosifs près d'un gazoduc : cette affaire qui sème le trouble en Hongrie avant les élections
C’est un énième épisode d’une campagne électorale marquée par une tension extrême. À six jours du scrutin législatif dans le pays , le Premier ministre hongrois Viktor Orban a convoqué dimanche 5 avril une réunion d’urgence du conseil de défense.
La raison ?
La découverte, en Serbie, de deux sacs à dos remplis d’explosifs et de détonateurs à proximité d’un gazoduc approvisionnant la Hongrie en gaz russe. “Nos unités ont trouvé un explosif d’une puissance dévastatrice”, a expliqué le président serbe, Aleksandar Vucic, dans un message publié sur Instagram. “J’ai dit au Premier ministre Viktor Orban que nous le tiendrions informé de l’enquête.” Selon ce dernier, “un acte de sabotage avait été préparé” pour faire exploser le gazoduc TurkStream, a-t-il précisé sur Facebook.
L’Ukraine, coupable tout trouvé du camp Orban L’affaire intervient dans un contexte politique délétère en Hongrie, sur fond de soupçons d’ingérences russes au profit de Viktor Orban.
Au pouvoir depuis 2010, le leader conservateur a vu ces derniers mois son poste menacé par l’émergence d’un nouveau rival, Peter Magyar, moins hostile au camp européen.
Pour les partisans de l’actuel Premier ministre, le principal suspect de cette supposée “attaque terroriste” est tout trouvé : l’Ukraine.
Depuis le début de sa campagne, Kiev est continuellement visé par le Fidesz, le parti de Viktor Orban, qui considère le gouvernement de Volodymyr Zelensky comme un danger pour la Hongrie et pour l’Europe.
Au contraire du président russe Vladimir Poutine, pour lequel il n’a jamais caché sa sympathie, en dépit de l’invasion lancée en 2022 par Moscou dans le pays voisin.
Jusqu’ici, Viktor Orban a pris soin de ne pas explicitement mentionner Kiev comme responsable de cet hypothétique sabotage.
Mais il n’a pas manqué de l’insinuer entre les lignes. “L’Ukraine tente depuis des années de couper l’Europe de l’énergie russe”, a-t-il affirmé, toujours sur Facebook. “Les agissements de l’Ukraine constituent une menace mortelle pour la Hongrie.” Sur la même plateforme, le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto a tenu un discours similaire : " L’Ukraine n’a pas caché qu’elle veut fermer l’Europe loin des transporteurs énergétiques russes bon marché", a-t-il accusé. “Ils se fichent que tout cela cause des problèmes pour les Européens et une hausse radicale des prix de l’énergie.” Des accusations auxquelles le gouvernement de Kiev a réagi. “L’Ukraine n’a rien à voir” avec les explosifs retrouvés en
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