Présidentielle 2027 : et si les patrons avaient enfin leur temps de parole ? Par Patricia Goldman
A l’approche de chaque échéance électorale, la question économique revient au centre du débat public.
Pourtant, une voix demeure étonnamment sous-représentée : celle des dirigeants d’entreprise , alors même que ce sont celles et ceux qui prennent chaque jour des décisions concrètes d’investissement, d’emploi et d’innovation.
Cette sous-représentation est d’autant plus paradoxale que les entreprises emploient plus de 20 millions de salariés dans le secteur privé.
Les organisations patronales existent, les tribunes ponctuelles aussi.
Mais dans les grands formats de campagne - débats télévisés, émissions de décryptage, séquences de fact-checking… -, la parole économique reste presque exclusivement aux commentateurs, éditorialistes, économistes, syndicats et candidats.
Les dirigeants, eux, interviennent en réaction ou en illustration, rarement en amont ou dans un cadre structuré qui leur permettrait d’exposer une lecture cohérente des enjeux .
Résultat : leurs préoccupations restent souvent caricaturées, comme si elles relevaient d’un simple réflexe corporatiste.
Régularité et visibilité Cette mise à distance tient aussi à un malaise plus large : une défiance croissante à l’égard du débat politique.
Beaucoup de Français ont le sentiment que les discussions économiques se résument à des slogans, éloignés des contraintes du réel.
Or l’économie obéit à d’autres logiques.
Les dirigeants arbitrent chaque jour entre investir ou attendre, embaucher ou différer, transformer ou maintenir.
Ces décisions se prennent dans un environnement concret, où l’incertitude se mesure en euros, en emplois et en temps long.
Dans ce contexte, il est légitime de poser une question simple : pourquoi ne pas garantir, pendant la campagne présidentielle, un temps minimal d’expression aux représentants du monde économique dans les médias ?
Non pour leur accorder un privilège, mais pour équilibrer le débat.
Il ne s’agit pas de réserver ce temps aux seuls grands groupes du CAC 40, mais d’y associer les représentants des PME et ETI, celles qui emploient la majorité des salariés du secteur privé et dont les contraintes diffèrent profondément de celles des multinationales.
Le cadre pourrait être défini en concertation avec l’Arcom, sans assimiler cette parole à celle des partis politiques, mais en lui donnant la régularité et la visibilité qui lui manquent aujourd’hui.
On pourrait agréger autour de ces rendez-vous les autoentrepreneurs, investisseurs, créateurs de tous types po
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