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Les îles Chagos, cet archipel de la discorde qui fait chanceler Keir Starmer

· Français· L'Express

La mer est d’huile autour de l’atoll de Peros Banhos, au cœur de l’océan Indien.

Sur la plage, six hommes montent des abris de fortune, bâches en plastique tendues entre des troncs de cocotiers.

Au large, un patrouilleur britannique observe, sans bouger.

Parmi ces aventuriers, Michel Mandarin, 72 ans.

Il n’était pas revenu ici depuis son adolescence, lorsqu’il avait été expulsé de force vers l’île Maurice, à 1 900 km de là : à l’époque, vers la fin des années 1960, Londres vide l’archipel des îles Chagos pour permettre l’installation d’une base militaire américaine sur l’île de Diego Garcia.

A ses côtés, sur la plage, Adam Holloway, ancien député conservateur et désormais soutien de Nigel Farage, filme la scène.

Son objectif est simple : montrer à l’opinion britannique que des citoyens chagossiens tentent de revenir sur leurs terres au moment même où le gouvernement de Keir Starmer s’apprête à en transférer la souveraineté à un autre Etat, l’île Maurice.

Trump, le déclencheur d’une nouvelle crise interne A 8 000 kilomètres de là, ce confetti d’empire provoque une crise politique que l’on n’attendait pas.

Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a qualifié l’accord signé entre le Royaume-Uni et Maurice de “grave erreur”, signe d’une “grande stupidité”.

En quelques phrases, le président américain a transformé un dossier technique en test politique majeur.

Pour Starmer, reculer serait un aveu de faiblesse ; persister risque de braquer Washington.

Les îles Chagos, un archipel isolé à mi-chemin entre l’Afrique et l’Asie, sont administrées par Londres depuis 1814.

En 1965, le Royaume-Uni détache administrativement ces îles de Maurice, devenue indépendante, puis finit par expulser un peu plus d’un millier d’habitants des Chagos vers l’île Maurice et les Seychelles.

Il s’agit de permettre aux Etats-Unis d’installer une base militaire stratégique sur Diego Garcia.

Pendant des décennies, la position britannique a tenu en une formule : “il n’y a pas de population permanente”, donc pas de question d’autodétermination.

Mais en 2019, la Cour internationale de justice (CIJ), saisie par l’Assemblée générale de l’ONU, estime que le détachement des Chagos a été effectué en violation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et que Londres doit mettre fin “aussi rapidement que possible” à son administration.

L’Assemblée générale de l’ONU confirme cette lecture par un vote massif.

Pour Londres , le choc est réel.

Le Royaume-Uni, qui se présente comme défe

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