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Cadmium, pesticides, cancer, pression du ministère… L’Anses répond aux critiques

· Français· L'Express

L’ Anses est-elle trop laxiste, trop proche des industriels ?

A-t-elle été muselée par le gouvernement, ou, au contraire, est-elle trop sévère, sourde aux revendications du monde agricole ?

A chaque rapport d’expertise, à chaque décision de mise ou de retrait du marché, l’Agence nationale de sécurité sanitaire fait l’objet de critiques.

Un pesticide n’est pas jugé dangereux pour la santé en population générale ?

Voilà forcément la marque du lobby de l’agroalimentaire.

Un engrais est retiré du marché ?

La même agence est accusée de connivence avec la gauche et les organisations non gouvernementales.

Dernier exemple en date, ce rapport sur le cadmium, publié le 25 mars dernier.

L’Agence fait état d’une contamination trop importante de la population par ce métal lourd toxique à certaines doses.

Sur les plateaux et dans les colonnes des médias, certains jugent l’avis trop timide, quand d’autres fustigent une panique inutile.

Le 30 mars, la Fédération nationale de l’ agriculture biologique (Fnab) enfonce le clou.

Elle a lu le rapport, et croit y voir des erreurs factuelles.

Des journalistes de presse écrite sont mis dans la boucle, et voilà l’Agence au cœur d’une nouvelle polémique, accusée cette fois-ci de manipuler à dessein l’expertise scientifique.

Qu’en est-il réellement ?

Comment l’Anses choisit-elle les travaux scientifiques qu’elle passe en revue, et les experts avec qui elle travaille ?

Dans une lettre adressée à la filière obtenue par L’Express , l’institution assure confectionner ses rapports en toute transparence, et propose “une réunion d’échange”, pour mettre en perspective ses travaux.

En quoi consiste la méthodologie de l’institution ?

Peut-on vraiment lui faire confiance ?

Sur quoi exactement, l’Agence fonde-t-elle ses expertises ?

A-t-elle encore toute latitude pour produire des conclusions valides sur le plan scientifique ?

Mathieu Schuler, son directeur général délégué, a accepté de se prêter au jeu du face-à-face avec L’Express.

L’Express : La Fédération nationale de l’agriculture biologique vous accuse d’avoir écarté des publications montrant une moindre concentration en cadmium dans ce type de produits.

Pourquoi ne pas avoir retenu ces travaux ?

Mathieu Schuler : Les experts mandatés par l’Anses produisent des expertises répondant à des questions précises, sélectionnées par des ministères, des organisations non gouvernementales, ou par l’Agence elle-même, sur la base de saisines.

Dans le cadre du cadmium , l’Agence

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