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De la "nouvelle France" à la "nouvelle République" : quand la "nouveauté" masque le vide en politique

· Français· L'Express

out oppose Gabriel Attal et Jean-Luc Mélenchon mais un point les rassemble : en vue de 2027, ils misent tout sur la “nouveauté”.

L’un et l’autre n’ont que ce mot à la bouche.

Le premier aimerait renommer son parti, Renaissance, “La Nouvelle République”, bien que le nom soit déjà pris par un quotidien, lequel s’est d’ailleurs plaint du plagiat.

Qu’importe : Attal, ravi de sa trouvaille, organise une tournée des “Nuits de la Nouvelle République”.

Le second est obsédé par le concept de “nouvelle France”, dont il parle à chaque meeting.

Le leader insoumis n’invente rien non plus ; le premier à en avoir parlé fut un certain Lionel Jospin , dans une tribune, en décembre 2000.

Ils ne sont pas les seuls à y prendre goût. À l’été 2024, François Ruffin avait été le premier à lancer dans l’atmosphère l’idée d’un “Nouveau Front populaire”.

Pour masquer un vide idéologique, on soigne l’affichage.

Plutôt que de s’inscrire dans la continuité d’une grande famille de pensée politique - le libéralisme ou le conservatisme, par exemple -, ces candidats, putatifs ou déclarés, ont la prétention d’en créer de nouvelles.

Ils promettent des “ruptures” mais oublient qu’ils scient la branche sur laquelle ils sont assis.

Depuis Emmanuel Macron, chacun croit être en mesure d’incarner le “nouveau monde”.

Ils seraient inspirés de regarder Les Enfants du paradis .

Le réalisateur, Marcel Carné, y fait dire à Anselme Debureau : “La nouveauté, la nouveauté… Mais c’est vieux comme le monde ça, la nouveauté !”

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