Ce qui nous sépare est important, mais ce qui nous unit est essentiel : l'appel de personnalités françaises et allemandes
Il faut le reconnaître, la relation franco-allemande traverse une nouvelle zone de turbulences, marquée par une série d’irritants et de frustrations réciproques.
Le premier point de friction concerne les questions économiques et budgétaires.
La proposition d’emprunts européens (Eurobonds), régulièrement défendue par Emmanuel Macron est regardée avec réserve par une large partie de la classe politique allemande : ce serait un prétexte pour ne pas traiter le problème budgétaire français.
Dans le même temps, les désaccords sur le traité de libre-échange avec le Mercosur ont alimenté la méfiance.
Le rapprochement germano-italien est observé avec circonspection à Paris.
Enfin, l’enlisement du projet d’avion de combat du futur, le Système de combat aérien du futur (Scaf) est devenu l’emblème des difficultés entre les deux pays.
Allons au bout du doute, avec deux changements de regard de part et d’autre du Rhin.
Côté allemand, l’hypothèse d’une victoire de l’extrême droite lors de la prochaine élection présidentielle nourrit la crainte d’un système politique français fragilisé, traversé par une crise de confiance profonde.
Mais des inquiétudes existent aussi côté français.
Alors même la France se plaignait depuis longtemps de porter seul l’effort de défense, la volonté de l’Allemagne de faire de la Bundeswehr la “première armée d’Europe” a réveillé des souvenirs traumatiques. À cela s’ajoute la critique d’une Allemagne qui achèterait sur étagère des armements américains plutôt que de coopérer en Européen.
Pourtant, s’arrêter à ces divergences serait le plus sûr moyen de nous enfoncer, ensemble, dans le bouleversement géopolitique en cours.
Pour le dire avec une image à peine forcée, lorsque des irresponsables tournent autour de chez nous armés de lance-flammes, il n’est pas raisonnable de se perdre dans des querelles de voisins de palier.
Transformer cette convergence stratégique en dynamique réelle Alors il est temps de nous redire très directement trois choses.
Premièrement, que le dialogue franco-allemand n’a jamais été un long fleuve tranquille.
Ensuite, que les Français doivent prendre conscience que l’impéritie budgétaire nationale pèse désormais directement sur la capacité d’entraînement de la France en Europe.
Enfin, que les Allemands soient assurés que la France est beaucoup plus que les aléas de sa politique : une puissance militaire, un tissu d’entreprises internationales, une capacité d’innovation dans les services et la finance, qui de
原文链接: L’Express
