Guerre au Moyen-Orient : les vraies raisons de la tension entre MBS et Donald Trump, par Bernard Haykel
De récents articles dans la presse américaine ont affirmé que les dirigeants saoudiens étaient favorables à la poursuite de la guerre contre l’Iran , et qu’ils encourageaient l’administration Trump à continuer les attaques jusqu’à la défaite du régime de Téhéran.
Riyad a démenti.
En réalité, sa position est plus complexe et nuancée que ne le laissent entendre ces journalistes, et le royaume se trouve confronté à des choix difficiles.
Il est vrai que Riyad souhaiterait voir le régime des mollahs contenu , après que celui-ci s’est montré pyromane à l’échelle régionale et mondiale, en menaçant de bloquer le détroit d’Ormuz et en attaquant des infrastructures énergétiques et d’autres installations vitales à travers les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), dans l’espoir de provoquer une crise économique mondiale.
Néanmoins, les dirigeants saoudiens ne veulent pas que cette guerre transforme l’Iran en État défaillant, car le chaos qui pourrait s’ensuivre engendrerait une instabilité régionale accrue et des flux de réfugiés.
Riyad est déjà entouré d’États fragiles : le Yémen au sud, le Soudan à l’ouest et l’Irak au nord.
Le rôle ambigu de la Chine Comment contenir l’Iran, l’empêcher de poursuivre ses programmes nucléaires et balistiques, et l’empêcher de soutenir des acteurs non étatiques déterminés à faire la guerre, tout en évitant l’effondrement du régime sous les bombardements incessants d’Israël et des États-Unis ?
Aucune politique évidente ne permet d’atteindre tous ces objectifs à la fois.
C’est pourquoi l’Arabie saoudite cherche d’abord à obtenir une fin négociée du conflit par l’intermédiaire de la Turquie, du Pakistan et de la Chine, qui entretiennent de bonnes relations avec Téhéran.
La Chine a une expérience de médiation dans la région, ayant contribué à l’accord de détente entre l’Arabie saoudite et l’Iran en 2023.
La situation actuelle offre à Pékin une occasion historique de jouer un rôle clé dans la fin de ce conflit, mais seulement si elle choisit de la saisir.
La Chine ne voit pas d’un mauvais œil les États-Unis s’enliser dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient et ne veut pas devenir la garante d’un accord susceptible de s’effondrer facilement.
Avant que la guerre n’éclate, l’Arabie saoudite a tout fait pour signaler sa neutralité à l’Iran, en indiquant clairement qu’il n’autoriserait pas les forces américaines à utiliser son territoire pour une attaque.
Riyad a également signé un accord de défense mutuelle avec Islamabad
原文链接: L’Express
