Susanna Loeb, professeure à Stanford : "Le danger de l’IA scolaire, c’est le déchargement cognitif"
Même Internet n’avait pas bouleversé l’école si brutalement.
Dans le monde, 86 % des étudiants utilisent déjà régulièrement l’ intelligence artificielle dans leurs études.
Compréhensible tant l’outil sait bien résumer quantité d’informations et vulgariser d’obscures notions.
Mais la manière dont les élèves l’utilisent déterminera si l’IA sera, pour eux, un allié précieux ou un agent toxique.
Professeure à l’école des sciences de l’éducation de l’université Stanford, Susanna Loeb étudie avec minutie l’impact de cette technologie.
Entretien.
L’Express : De premières études évaluent-elles déjà l’impact de l’IA sur la qualité de l’apprentissage des enfants et des étudiants ?
Susanna Loeb : Oui, mais les données disponibles sont encore limitées.
La tendance la plus claire qui se dégage à ce jour est que l’IA peut améliorer les performances pendant son utilisation, sans pour autant garantir une amélioration durable des performances autonomes par la suite.
Une meilleure exécution des tâches n’est pas synonyme d’un apprentissage plus approfondi.
La bonne question n’est pas de savoir si l’IA “fonctionne” ou non.
La vraie question est : quel type d’outil favorise quel type d’apprentissage, pour quels élèves, dans quelles conditions ?
L’adoption de l’IA se fait à la vitesse de l’éclair.
Les données scientifiques doivent rattraper ce rythme.
Dans quelle mesure l’IA peut-elle améliorer l’éducation ?
Les cas les plus prometteurs sont ceux où l’IA aide les élèves à poursuivre l’effort de réflexion.
Un cas d’utilisation particulièrement pertinent est celui du soutien guidé.
Des indices, des retours d’information, des questions structurées et un accompagnement étape par étape peuvent aider les élèves à continuer à raisonner au lieu d’abandonner l’exercice.
Un autre usage prometteur concerne les enseignants.
L’IA peut libérer du temps aux professeurs et aux tuteurs, afin qu’ils se consacrent davantage à l’instruction, aux retours, aux échanges et aux relations humaines.
Ce basculement-là aura peut-être autant d’impact que n’importe quelle application directement destinée aux élèves.
Une troisième opportunité se situe à l’échelle du système.
L’IA pourrait aider les établissements à dispenser un soutien qui a toujours été précieux, mais souvent difficile à offrir de manière régulière.
Des emplois du temps plus souples, une meilleure différenciation pédagogique, une communication plus claire.
Tout cela peut améliorer significativement les chances d’appr
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