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"Carnets photographiques" : à la découverte de Claude Ventura, l’homme au Leica d’or

· Français· L'Express

Ils ne sont plus très nombreux, les flâneurs qui arpentent les rues de Paris, un Leica à la main.

Claude Ventura est de ceux-là, toujours prêt à prendre à l’improviste là un regard, ici une grimace d’enfant, ici encore une “stripteaseuse à dix balles”.

Si son terrain de chasse actuel couvre Pigalle et Montmartre, c’est dans le monde entier que le réalisateur et documentariste a emmagasiné quelque 3 500 clichés (méticuleusement classés) depuis près de soixante ans.

Fort de ses émissions mythiques, Tous en scène , Pop 2 , Cinéma Cinémas , le voilà très tôt à l’affût.

Dès 1969, c’est l’Amérique, fantasme de ce gosse de la rue de Montreuil, comme le rappelle la documentariste Ruth Zylberman dans la préface de ce très bel album, sobrement titré Carnets photographiques (Allary Editions/Vincent Roger).

En marge des tournages, il shoote l’East Village et ses décors à la Patti Smith du Kid et à la Taxi Driver , avant de s’aventurer plus tard vers Hollywood avec l’ami Philippe Garnier.

En août 1970, lors du festival de l’île de Wight, pass backstage en poche, il privilégie les contrechamps de la foule ; en 1974, à Liverpool, capitale du rock, cet as des pas de côté témoigne aussi des stigmates de la guerre.

Gainsbourg, paradant avec Birkin dans sa vieille Mercedes 170 S décapotable, Eddie Constantine, Irène Jacob, Elia Kazan, Martin Scorsese, Michel Piccoli, Alain Delon, Johnny Winter, Tom Waits, etc., ils sont tous là, drapés de noir et blanc, sous nos yeux ébahis.

Devant tant de flair et de constance.

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