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Et si la clé de l’innovation se trouvait dans la confiance ? La leçon des pays nordiques

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Le 9 septembre 2024, Mario Draghi remettait à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, son très attendu rapport sur l’avenir de la compétitivité du continent .

Un épais document dans lequel l’ancien Premier ministre italien exposait la marche à suivre pour que l’Europe rattrape son retard, déjà considérable, sur la Chine et les Etats-Unis.

Réduction des vulnérabilités en matière de matériaux stratégiques, investissements massifs financés par une dette commune, réforme du droit de la concurrence… Au total, Mario Draghi formulait 170 recommandations , dont près d’un tiers concernait la question centrale de l’innovation.

Dans cette somme de 400 pages, une notion, pourtant capitale, n’apparaît qu’à une seule reprise : la confiance.

Une anomalie au vu de son rôle moteur dans la capacité des Etats à créer et à développer de nouvelles technologies. “Elle agit comme un véritable lubrifiant dans la chaîne des interactions et des activités économiques, explique l’économiste et professeur à HEC Yann Algan .

Elle influence l’organisation des entreprises : lorsqu’elle est élevée, elle permet de décentraliser davantage les décisions.

Or, les processus d’innovation reposent justement sur des informations de terrain.

L’identification d’opportunités ne se fait pas uniquement depuis un bureau en haut de la hiérarchie.” A l’inverse, un niveau de confiance faible entrave l’innovation. “Dans les entreprises, les individus qui se sentent moins sécurisés dans leur emploi privilégient des recherches à court terme, avec des résultats rapides, plutôt que des travaux plus fondamentaux et plus risqués, assure Gilbert Cette, professeur d’économie à NEOMA Business School.

La peur de l’échec est également plus forte : dans un environnement peu confiant, il peut être perçu comme une menace directe.” Pas de crise de confiance dans les pays nordiques En Suède, au Danemark ou encore en Finlande, l’ambiance est tout autre. “Dans les pays nordiques, les individus ont tendance à faire confiance par défaut, ce qui facilite les interactions, réduit les distances sociales et favorise les opportunités”, souligne la chercheuse Kirsimarja Blomqvist, professeure de management de la connaissance à l’Université LUT en Finlande.

Une particularité culturelle séculaire. “Les sociétés scandinaves ont toujours été très mobiles, entourées d’eau, avec une forte tradition maritime remontant à l’époque viking”, raconte Gert Tinggaard Svendsen, professeur de science politique et

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