Le retour du train de nuit Paris-Berlin, point d'orgue d'une saga mouvementée
“Attention, le train ES 475, à destination de Berlin va partir…” Ou repartir si l’on souhaite être précis.
En effet, depuis ce jeudi 26 mars, il est de nouveau possible de rallier la capitale allemande en train couchette grâce à la société coopérative belgo-néerlandaise European Sleeper qui annonce trois allers-retours par semaine.
Prix du billet : 79,99 euros pour les billets premiers prix.
Depuis le mois de décembre dernier, il fallait, pour se rendre à Berlin depuis la Gare de l’Est, dépenser quelques centaines d’euros le billet aller-retour et prévoir un trajet de huit heures… en journée .
Pas très pratique lorsqu’on souhaite s’évader le temps d’un week-end prolongé.
Et c’est justement l’évasion que promet cette nouvelle entreprise sur le réseau de chemin de fer français. “J’ai toujours été fasciné par les trains de nuit”, s’enthousiasme Elmer van Buuren, un de ses cofondateurs rencontré à la veille du départ inaugural dans un hôtel en face de la gare du Nord.
Pour lui, “prendre l’avion est une nuisance” parce que les aéroports sont souvent excentrés des centres-villes et que cela implique de faire la queue sans cesse.
A l’inverse, il salue “l’aventure romantique” que procure un voyage en train couchettes et défend “la praticité” du seul moyen de transport qui permet de s’endormir dans le centre-ville d’une capitale européenne et de se réveiller en plein cœur d’une autre.
Il n’est pas le premier à se jeter dans cette aventure du Paris-Berlin.
Avant lui, de nombreuses entreprises s’y sont essayées.
Beaucoup ont échoué, rattrapées par l’histoire ou plombées par des coûts trop élevés.
Avec cette renaissance du Paris-Berlin, il entend écrire une nouvelle page de cette saga pour le moins… tourmentée. 1896-1939 : l’épopée grandiose du Nord-Express Si la fiction a consacré l’Orient-Express, train de nuit mythique reliant Paris à Constantinople dès la fin du XIXe siècle, son pendant septentrional - le Nord-Express - est nettement moins célèbre.
Il figure pourtant dans les mémoires de Vladimir Nabokov .
Ce pionnier du genre est le fruit des ambitions de Georges Nagelmackers, un industriel belge fondateur de la compagnie internationale des wagons-lits (CIWL) en 1872.
Après le succès de l’ Orient-Express , il rêve d’une autre liaison transeuropéenne qui relierait Lisbonne à Saint-Pétersbourg, en passant par l’Espagne, la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne.
Le projet, extrêmement coûteux, ne verra jamais le jour en tant que tel :
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