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Blocage du détroit d'Ormuz : une pénurie d'hélium, l'autre choc mondial qui menace la planète Tech

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Epé-Gronau, grosse bourgade tranquille de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Allemagne , doit sa fortune à l’industrie textile, florissante à la fin du XIXe siècle.

Nulle trace aujourd’hui des filatures et de ce passé besogneux.

Seule la tour massive et carrée de l’église Sainte-Agathe barre l’horizon de cette grande plaine agricole qui s’étend mollement jusqu’aux Pays-Bas proches.

La ville ensommeillée abrite pourtant en son sein l’un des trésors les plus précieux du moment.

Il n’est indiqué dans aucun guide touristique.

Un joyau invisible à l’œil curieux des touristes en goguette.

A 1 300 mètres de profondeur, dans un dédale de soixante-quinze gigantesques cavités abritant autrefois des mines de sel, le géant français Air Liquide veille jalousement sur la plus grande réserve souterraine d’hélium au monde.

Depuis le 28 février et le déclenchement de la guerre en Iran , le sous-sol d’Epé-Gronau est devenu l’un des endroits les plus stratégiques d’Europe.

Et sans doute aussi, l’un des plus protégés.

Un trésor invisible devenu stratégique Le blocage du détroit d’Ormuz par les gardiens de la Révolution n’a pas seulement chamboulé le commerce du pétrole, du gaz naturel ou celui des engrais, attisant la crainte d’un nouveau choc énergétique mondial .

Il a aussi tourneboulé l’approvisionnement en hélium, sous-produit du gaz naturel, un composant essentiel pour bon nombre d’entreprises de haute technologie.

Dans l’industrie médicale, l’hélium liquide permet d’assurer la supraconductivité nécessaire au fonctionnement des scanners.

Dans le spatial, il est nécessaire à la pressurisation des réservoirs de carburant.

Et pour les fabricants de semi-conducteurs, il est indispensable lors de l’étape périlleuse de la gravure.

A elle seule, l’industrie mondiale des puces absorbe chaque année un cinquième de l’hélium produit sur la planète.

Problème, le Qatar fournissait avant la guerre entre 30 et 40 % de l’offre mondiale.

Et plus des trois quarts provenaient du gigantesque complexe industriel et gazier de Ras Laffan, attaqué il y a quelques jours par des drones iraniens.

Selon les déclarations des dirigeants de Qatar Energy, près de 17 % des installations de Ras Laffan auraient été sérieusement endommagées.

Il faudrait entre trois et cinq ans pour que le site retrouve son niveau d’activité d’avant-guerre.

Une éternité pour une industrie déjà sous tension, alors que la demande mondiale de puces utilisées par les géants de l’intelligence artificielle explose

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