L’irresponsabilité budgétaire des maires : la grande absente des municipales, par Kevin Brookes
Les élections municipales se sont achevées comme elles avaient commencé : dans un brouhaha médiatique où l’on spécule sur des noms plutôt que sur des projets.
Pendant que les commentateurs s’épuisaient à déterminer quelle écurie présidentielle “gagnait” ces quelque 35 000 scrutins locaux, ils passaient à côté de l’essentiel : le triomphe du rejet de la politique.
L’abstentionnisme confirme sa position de premier “parti” de France — et de très loin.
L’abstentionniste, ce citoyen invisible Ces élections s’inscrivent dans une tendance lourde, marquée par trois dynamiques convergentes : une désaffection croissante pour les urnes, un dégagisme plus prononcé qu’à l’ordinaire pour les sortants, et une fracture grandissante entre les choix électoraux des urbains et des ruraux.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Au premier tour, seuls 57 % des électeurs inscrits ont daigné se déplacer — et encore, ce taux ne tient pas compte des 2,2 millions de Français non inscrits sur les listes électorales .
Si l’on inclut ces absents structurels, c’est bien la moitié des citoyens en âge de voter qui n’a pas participé.
Le phénomène atteint des proportions vertigineuses chez les 25-34 ans, à 60 % d’abstention , et chez les ménages les plus modestes — moins de 1 250 € nets par mois — à 62 %.
Autrement dit : ce sont les jeunes et les classes populaires, ceux que la politique prétend servir en priorité, qui s’en détournent le plus massivement.
Quand ils votaient, les Français des villes moyennes ont souvent cédé au dégagisme en choisissant l’alternance — là même où le système favorise structurellement les sortants.
Les musiciens du Titanic continuent de jouer Ces élections constituent le dernier avatar en date d’ une crise de confiance politique qui s’aggrave d’année en année , comme le mesure le baromètre du Cevipof.
Elles auraient dû obliger la classe politique à remettre en cause ses méthodes : cumuls de mandats officieux, clientélisme électoral, et surtout dépense publique utilisée comme carburant électoral.
L’attention médiatique aurait mieux fait de se fixer sur ce curieux orchestre que formaient les candidats.
Comme les musiciens du Titanic, ils ont tous joué la même partition, celle des promesses coûteuses et infinançables, tandis que le navire des finances publiques prend l’eau.
Le procédé est rodé.
A Nice, Eric Ciotti s’est solennellement engagé à ne baisser “aucune des subventions aux associations niçoises”, toutes catégories confondues .
Il a même proposé
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