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Quand l’IA promet l’empathie dans un monde redevenu hostile, par François-Régis de Guenyveau

· Français· L'Express

Un même matin, deux actualités.

La première : l’intelligence artificielle au cœur des frappes de drones au Moyen-Orient , pièce maîtresse d’une guerre où l’humain délègue à la machine le soin de viser.

La seconde : Replika, l’application comptant 25 millions d’utilisateurs, dont une proportion significative s’en sert pour un soutien émotionnel - certains s’y connectant au milieu de la nuit, quand il n’y a plus personne à qui parler.

Même technologie , même époque.

D’un côté, l’IA perfectionne l’art de la guerre.

De l’autre, elle promet de nous protéger de toute conflictualité humaine.

Un paradoxe qui en dit peut-être moins sur les machines que sur notre manière d’habiter le monde.

La promesse d’un monde lisse Ces deux usages, en apparence opposés, obéissent en réalité à la même logique : agir sans être exposé.

Dans un cas, on veut frapper sans regarder mourir.

Dans l’autre, être aimé sans risquer d’être rejeté.

Dans les deux cas, l’autre est neutralisé comme sujet, réduit à une cible ou à un miroir.

Ce que nous construisons ainsi, ce n’est pas une civilisation plus douce mais plus hostile à elle-même.

De Tokyo à New York, les applications de compagnie fleurissent.

Replika promet une relation affective continue.

Le pendentif connecté Friend se présente comme un ami permanent.

Woebot offre un soutien psychologique immédiat.

Ce succès fulgurant révèle notre difficulté croissante à accepter la rugosité de notre condition humaine.

Car ces dispositifs ne se contentent pas de se substituer à nos amis : ils nous dispensent de l’effort d’en avoir.

Ils ne brouillent pas seulement nos perceptions en imitant la voix et les comportements humains : ils suppriment l’épreuve même de la rencontre.

En définitive, ce ne sont pas tant des outils de soutien psychologique que des dispositifs d’évitement.

La relation idéale devient une relation sans réciprocité, autrement dit un simulacre.

Le retour de la guerre, que ce soit en Ukraine, au Moyen-Orient ou ailleurs, n’affaiblira pas ce phénomène.

Au contraire : à mesure que certaines régions du monde renouent avec la brutalité de l’histoire, il faut s’attendre à ce qu’une partie des sociétés prospères soit tentée de se réfugier dans des environnements relationnels pacifiés.

La violence au loin, la douceur à portée d’écran.

Ce qui relie ces deux phénomènes, ce n’est pas leur gravité respective, mais le même mouvement de l’esprit : déléguer à une machine ce qui, précisément, nous coûte.

A terme, nous risquo

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