Guerre en Iran : le rôle discret mais crucial de l'Europe
Ils l’ont tous répété : “Cette guerre n’est pas la nôtre.” Mais en coulisses, les dirigeants européens, qui ont tenu tête à Donald Trump en refusant unanimement de s’engager dans le conflit contre l’Iran, jouent en réalité un rôle clé.
Leurs bases militaires, d’abord, facilitent l’une des opérations logistiques les plus complexes de l’armée américaine depuis des décennies.
Ces dernières semaines, bombardiers, drones et navires américains ont en effet été ravitaillés, armés et déployés depuis des bases situées au Royaume-Uni, en Allemagne, au Portugal, en Italie, en France et en Grèce, selon les autorités.
Les drones d’attaque, par exemple, sont contrôlés dans la base américaine de Ramstein en Allemagne, qui constitue le centre névralgique des opérations américaines contre l’Iran, d’après des responsables allemands et américains.
De lourds bombardiers B-1 ont aussi été photographiés en train de charger munitions et carburant à la base RAF Fairford, au Royaume-Uni, tandis que l’USS Gerald R.
Ford, le plus grand porte-avions du monde, est actuellement amarré dans une base navale en Crète pour subir des réparations après avoir été endommagé par un incendie.
Un tremplin stratégique Avec 40 bases américaines et 80 000 personnels militaires positionnés sur le continent européen, ce dernier s’avère être un tremplin stratégique “extrêmement favorable” aux opérations menées par les Etats-Unis, a concédé le général Alexus Grynkewich de l’US Air Force, commandant militaire en chef de l’Otan, lors d’une récente audition au Sénat. “Les distances sont plus courtes, c’est moins coûteux et il est beaucoup plus facile de projeter la puissance grâce à notre réseau de bases et d’alliés”, a-t-il notamment déclaré.
Cette situation résulte d’un ensemble d’accords bilatéraux avec les gouvernements européens, principalement établis pendant la guerre froide dans le contexte de la confrontation avec l’Union soviétique, qui autorisent le déploiement de munitions, technologies et personnels américains sur des bases européennes. “La position de l’Europe — à l’intersection de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie centrale — la rend idéale pour un déploiement rapide dans toutes les directions”, a expliqué l’an dernier au Center for European Policy Analysis le général à la retraite Gordon B.
Davis, ancien directeur des opérations au commandement américain en Europe, comme le rapporte le Wall Street Journal .
Un dilemme difficile Depuis, les dirigeants européens se trouvent face
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