Susceptibles, têtus… Ces profils qui font vivre l’enfer aux managers
Dix fois on refuse, onze fois la proposition revient.
Souvent, le collaborateur têtu tourne en rond.
Parfois poli - “tu sais, on devrait…” - souvent directif - “il faut…” -, il pousse à outrance son idée.
Champion de l’innovation par ses arguments renouvelés, il est aussi médaille d’or du recyclage avec ses mantras rabâchés.
A la longue, il épuise son manager dont la feuille de route est déjà fixée et qui a rappelé que le brainstorming n’était pas à l’ordre du jour.
Usant.
Le collaborateur susceptible l’est tout autant lorsqu’on lui demande des comptes : “Tu crois vraiment que je faisais la fête ce matin dans les transports ?”.
Glacial, il va exploser de colère et désorganiser un peu plus la réunion qui s’annonçait déjà mal, si on ose évoquer son retard.
Parfois, au contraire, il se referme, se fige, boude.
Le manager ne connaît même pas le fait déclencheur de cette attitude, se questionne et se repasse la scène en boucle : “qu’est-ce que j’ai bien pu dire ou faire ?”.
Le collectif peut en prendre un coup, l’équipe peut se désagréger : comment manager de telles personnalités ?
Les deux faces d’un même mécanisme “Derrière ces comportements se cachent des causes, des besoins sous-jacents non satisfaits, mais le travail du manager est de les comprendre, pas de les changer”, répond David Eyraud, auteur de Manager les 20 personnalités difficiles (Gereso, 2025).
Avant de déplorer le comportement bloquant d’une personne entêtée, il convient de reconnaître l’investissement de cette dernière, qui se bat pour défendre une idée dans un environnement où l’on dénonce souvent la passivité et le désengagement des salariés.
On peut aussi lui créditer une certaine ténacité - celle d’aller au bout de ses convictions - ainsi qu’une forme d’inventivité pour tenter de convaincre son entourage.
Reste que cet acharnement est plutôt contre-productif dans le feu de l’action, car le manager voit ce collègue comme obstiné, défavorable à tout compromis, défensif et parfois même hostile à l’autorité.
Bref, buté.
Comment ne pas le prendre en grippe ?
Il protège quelque chose : “Cette attitude cache parfois plusieurs failles, comme la peur du rejet chez le têtu en mode actif, ou celle du réservé en mode passif, le psycho-rigide qui bloque tout dans le silence”, analyse David Eyraud, qui dirige la société E2CF, spécialisée dans le conseil et la formation des managers, notamment sur les dynamiques de conflit et la gestion des personnalités difficiles. “L’entêtement peut a
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